Chaque fiche « pour quel âge » repose sur une lecture systématique de l'œuvre entière, scène par scène, avec les mêmes critères pour tous les titres. Pas sur la bande-annonce, pas sur la presse, pas sur l'avis d'autres parents. Voici ce que nous regardons, comment l'âge est décidé, et ce que nous nous interdisons.
Ce que nous regardons
Une œuvre est lue en entier, chaque épisode compris. Pour chaque fait relevé, nous notons s'il est montré ou seulement dit, combien de temps il dure et avec quelle insistance il revient. Les faits se rangent en six familles, et une septième pour ce que l'œuvre apporte.
- Ce qui fait peur : images effrayantes, sursauts, obscurité et tension sonore, créatures, surnaturel.
- Ce qui blesse : mise en danger, poursuites, combats, armes, sang et blessures, morts, cruauté, catastrophes, violence sexuelle.
- L'intime : baisers, nudité, scènes sexuelles suggérées ou montrées, allusions. Le consentement fait la frontière : une scène subie n'est pas de l'intime, c'est une violence sexuelle, rangée avec ce qui blesse, et c'est toujours une personne qui en juge.
- Les mots : jurons, insultes, propos discriminatoires, humour scatologique.
- Les substances : alcool, tabac, drogue, jeux d'argent.
- Ce qui pèse : abandon, deuil, séparation des parents, maladie, moquerie, injustice, et la façon dont ça finit ; et ce qui compte à l'adolescence : idées suicidaires, automutilation, troubles alimentaires, détresse psychique, harcèlement et exposition en ligne.
- Ce que l'œuvre apporte : l'humour, l'émerveillement, un modèle, une connaissance, une ouverture, et la question dont on parle en famille après.
La fiche montre ces faits, avec leur intensité, sans raconter l'intrigue.
- La classification officielle d'abord : en France, c'est le visa délivré par le CNC à la sortie en salle ; aux États-Unis, la classification MPAA d'un film ou la classification TV d'une série. Nous ne descendons jamais en dessous. Une série n'a pas de visa en France, et la signalétique d'une plateforme n'est pas une classification officielle : dans ces cas, notre lecture décide seule.
- Au-dessus, seulement avec une raison écrite : quand la lecture donne un âge plus élevé que la classification, la fiche dit pourquoi, et la scène qui le justifie est nommée sans être racontée.
- Un âge par œuvre : pour une série, la fiche donne aussi une lecture par saison, parce que les saisons ne se ressemblent pas ; c'est une lecture, l'âge reste celui de l'œuvre.
- Deux âges : la France et les États-Unis n'ont pas les mêmes règles ; la fiche donne les deux, et d'abord celui de votre pays.
- Seul, ou accompagné : chaque fiche distingue l'âge où un enfant peut regarder seul de celui où un adulte à côté, ou une conversation après, change tout.
Ce que nous ne faisons pas
- Pas de révélation : les scènes sont nommées, jamais racontées.
- Pas de copie : nous ne reprenons ni les notes ni les textes d'un autre référentiel.
- Pas d'avis sur la qualité : la fiche dit ce qu'il y a dans l'œuvre, pas si elle est bonne.
- Pas de fiche écrite après une séance : un souvenir de spectateur est trop subjectif ; nous attendons de pouvoir lire l'œuvre entière.
- Pas de fiche à moitié : une œuvre est lue en entier, ou n'a pas de fiche.
Le bon moment
Le « à partir de » dit l'âge où un enfant peut regarder sans que ça lui fasse du mal. Le bon moment dit autre chose : l'âge où le film lui donne le plus. Il est souvent au-dessus, parfois de beaucoup, et il se lit sur la réglette de la fiche. Trois choses le décident :
- Comprendre : l'histoire se suit sans qu'on l'explique. Les sauts dans le temps passent vers 7-9 ans, les intentions cachées vers 9-11, l'ironie et les dilemmes vers 11-13, les héros qui ne sont pas bons vers 13-15, les films qui refusent de consoler après 15.
- Porter : ce que le film fait ressentir peut se garder et se dire après, pas seulement se supporter. La peur change de nature avec l'âge : celle des monstres avant 7 ans, celle de ce qui pourrait arriver pour de vrai de 8 à 12, celle des idées à l'adolescence ; la tristesse suit le même chemin.
- Rencontrer : la question que pose le film rencontre celle que l'enfant se pose : l'amitié vers 8-11 ans, la justice vers 9-12, qui je suis vers 11-14, l'amour vers 13-16, la liberté contre les règles vers 14-17, le sens et la mort après 15.
Certains films ont deux bons moments, parce qu'on n'y voit pas la même chose à 7 ans et à 15 : la fiche le dit, et c'est une bonne raison de les revoir, ou de les découvrir en grand. Le bon moment n'est ni un maximum ni une consigne d'attendre : un enfant qui réclame un film peut le voir dès le « à partir de », et un grand peut trouver de la matière dans un film de petits.
Une personne relit chaque fiche avant sa publication. Elle peut monter l'âge quand une scène le demande, jamais le baisser, et sa raison est écrite sur la fiche.
Si un âge vous paraît faux, ou si vous connaissez une scène que la fiche ne mentionne pas, écrivez-nous : nous relisons, et la fiche est corrigée si vous avez raison.
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Les fiches sont gratuites, sans compte, et nous n'y vendons rien.